Tour de l’Orsiera

(du samedi 22 au mercredi 26 juillet 2017)

Nous étions 14 participants pour cette randonnée de cinq jours autour du Mont Orsiera (2890m d’altitude) dans le Parc Naturel Orsiera-Rocciavré créé en 1980, situé en Italie dans le Piémont à une quarantaine de kilomètres de Turin :

Liliane et Serge, Geneviève et Jean-Claude, Thérésa et Marc, Marie-Louise et Claude, Marie-Françoise et Patrick, Monique, Pascale, Françoise, Nathalie.


Samedi 22 juillet : (nuit au refuge Toesca à 1710m d’altitude)
Pour éviter à l’entrée du tunnel du Fréjus tout souci d’un éventuel bouchon toujours à craindre lors d’un samedi de juillet, le départ était prévu de bonne heure, même si le lieu du début de la randonnée n’est pas très éloigné (environ 250 kms).

Après avoir récupéré chaque randonneur à son domicile, Jean-Claude et Serge chacun au volant d’un mini-bus se retrouvent à l’heure du rendez-vous fixé à 6h à Allonzier-la-Caille.

Le voyage routier peut ainsi commencer en direction de l’Italie via le tunnel du Fréjus, qui à cette heure peut être franchi sans aucune attente à l’entrée.

Les pluies orageuses de la veille ont rafraîchi la température devenue plus agréable, le ciel est clair et il en est de même côté italien. Tout se présente donc parfaitement ; la pause-café est un peu tardive (vers 10h), elle est donc d’autant plus appréciée. L’approche vers le départ à pied peut alors se poursuivre jusqu’à une route forestière, pentue mais carrossable, d’environ 8 kms.

Au bout de ce chemin, les deux mini-bus trouvent leur emplacement dans un bois à 1250m d’altitude pour quelques jours et chacun de nous, chaussures de montagne aux pieds, bâtons en mains et sac sur le dos est prêt pour débuter la randonnée.

Eh bien non pas tout de suite ; c’est le moment de la pause-déjeuner près d’un mignon petit lac entouré de verdure. Le cadre champêtre offre un pique-nique très apprécié, après une matinée qui a commencé bien tôt.

Le lac des grenouilles

Puis cette fois c’est le vrai départ pour tous chargés des affaires vestimentaires et alimentaires nécessaires pour les jours prévus, même si certains ont choisi de se charger davantage et de s’assurer ainsi de ne manquer de rien pour une durée peut-être plus longue.

Une agréable montée dans un sous-bois le long d’un petit ruisseau, rappelant les bisses du Valais en Suisse, permet d’approcher assez vite le refuge Amprimo à 1385m, puis de poursuivre par une pente plus forte vers le refuge Toesca, terme de cette première journée, après un dénivelé d’environ +450m.


Dimanche 23 juillet : (nuit au refuge Selleries à 2023m d’altitude)
Le temps est splendide dès le matin, la température agréable et si quelques prévisions font craindre des risques d’orages possibles en fin de journée, le ciel ne laisse rien paraître.

A 8h15, nous quittons le refuge pour une journée qui restera la plus longue de ce tour de l’Orsiera. Une raide montée en direction du Mont d’Orsiera nous conduit au Porta du Quiot à 2206m d’altitude où nous faisons notre première pause ; il est 10h et nous nous sommes déjà élevés de 500m.

Après avoir franchi ce sommet, nous poursuivons par une descente dans de magnifiques paysages très verts parcourus par un long torrent que nous traversons avant d’approcher en fond de vallée une vieille bergerie puis de reprendre de l’altitude sur un autre versant. En cours de montée, nous choisissons un coin propice à la pause de midi, qui permet d’alléger un peu les sacs de pâté, tomme, saucisson, etc … L’endroit est agréable, le soleil est chaud mais la route est longue encore et nous ne devons pas nous attarder. Nous poursuivons par une raide grimpée sur un chemin plus pierreux, jusqu’à atteindre le col de l’Orsiera, un peu venté. Et comme souvent après une grimpette, le chemin se poursuit par une descente, rocheuse au début puis plus herbeuse ensuite.

Le ciel est moins clair mais pas menaçant non plus et c’est bien l’essentiel pour terminer cette étape que chacun commence à trouver interminable. Le refuge pas encore apparent, est situé au bout d’une route pierreuse, carrossable certes, ce qui ne change rien en fait pour des randonneurs à pied pressés d’en finir, les gourdes vides après cette longue et chaude journée.

Après un dénivelé de +1200m et -880m, nous atteignons le refuge Selleries, il est 17h15, soit après un minimum de 7 heures de marche effective.

Nous nous installons pour deux nuits dans ce refuge, ouvert toute l’année. Nous apprécions le bon repas très copieux ; nous prolongeons la soirée avec des blagues racontées par Claude et Jean-Claude, des mimes et chansons jouées à la guitare par Serge, animées par Marc et reprises par tous.


Lundi 24 juillet : (nuit au refuge Selleries à 2023m d’altitude)
Après la longue journée de la veille et avec un sac moins lourd puisque nous revenons dans le même refuge, notre 3e jour se présente plus aisé. Nous partons à 8h20, il fait 10° et un fort vent froid souffle mais le temps est sec.

Devant le refuge Selleries

Très vite nous perdons la trace de notre chemin ; dans un endroit pentu, escarpé, rocheux et parfois boisé nous recherchons une balise, un cairn, un passage en conservant toutefois le sens de l’orientation … Le début de cette journée est donc physique et après une montée difficile, nous parvenons à rejoindre notre sentier dans un terrain herbeux, plus accessible.

La progression vers le col Robinet (2636m) se poursuit dans un pierrier souvent difficile ; la pente raide ne nous fait pas transpirer car le vent froid est assez fort. Nous apercevons la chapelle perchée sur un bloc rocheux, point culminant de notre journée à 2679m. Nos efforts nous permettent de l’atteindre vers 13h. Cet endroit haut-perché est magnifique avec bon nombre de bouquetins peu farouches, très proches de nous ; malgré le froid nous choisissons de pique-niquer là, en profitant de la présence de deux grandes tables idéalement placées à l’abri, même si le vent violent se permet d’y venir aussi et d’écourter ainsi le repas des plus gourmands.

La chapelle du Mont Robinet

Le retour s’effectue par le même itinéraire jusqu’à effectuer une petite variante en fin de descente en nous approchant d’un joli petit lac au milieu d’un espace verdoyant.

Au terme d’un dénivelé de +835m et -835m nous retrouvons notre refuge à 17h 20, après une longue marche par vent froid, qui a finalement rendu cette journée aussi respectable que celle de la veille. 



Mardi 25 juillet : (nuit au refuge Geat Val Gravio à 1400m d’altitude)
Dès 8h30 nous prenons la direction cette fois-ci du col de Sabbione à 2569m d’altitude.
Le temps est toujours froid et venté, mais le ciel est vraiment bleu et les paysages sont magnifiques. La montée raide nous permet d’atteindre assez vite le sommet, puis le col Malanotte tout proche, sensiblement plus haut (2587m).
Dans cet environnement agréable, mais encore balayé par un vent froid, nous ne rencontrons pas d’animaux, si ce n’est un cheval dont la position toujours couchée inquiète le groupe.

Une longue traversée précède la descente par un chemin de nouveau rocheux mais au milieu de pâturages colorés de multitudes de fleurs, où coule aussi un ruisseau jusqu’au lac Rosso (à 1964m). C’est là que nous prenons notre pique-nique, pour finir s’il en reste les dernières boîtes de pâté …
La longue descente se poursuit au milieu de prairies, ensuite par un chemin serpentant parmi des fourrés parfois touffus et enfin dans une forêt avant d’atteindre vers 16h15 le refuge de notre dernière nuit. Nous retrouvons une altitude moins élevée suite aux dénivelés de +565m et -1200m.

Comme lors des soirées précédentes, les joueurs de belote en profitent beaucoup, autant avant la douche qu’après le repas.

Mercredi 26 juillet : (retour vers Cruseilles)

Nous ne sommes plus très loin de l’emplacement de nos mini-bus garés le premier jour, un plaisant chemin forestier, en très légère descente nous y conduit aisément.

Nous retrouvons donc nos deux véhicules pour le retour en France.

Nous profitons de notre passage à Modane pour visiter la fameuse maison penchée, une curiosité à ne pas manquer sur la route de Valfréjus.

Construite en 1939 cette maison était un blockhaus d’observation à l’entrée du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis, qui à la suite d’une explosion en 1944 provoquée par les troupes allemandes fut projeté à plusieurs mètres sans être détruit et se retrouva planté dans le sol avec une inclinaison d’une trentaine de degrés.

Cette ruine attire le public par la sensation de vertiges que l’on ressent dès que l’on pénètre à l’intérieur, en raison de la mise en opposition de la vue et du sens de l’équilibre. Certains d’entre nous en sont aussitôt ressortis, avant que leur mal de tête ne devienne insupportable.

Nous poursuivons ensuite notre voyage de retour en faisant un détour à Aussois pour notre repas de midi dans un édifice fortifié « le fort Marie-Christine », reconverti en gîte restaurant.

Nous terminons alors notre agréable périple varié et sportif en quittant Françoise en gare de Chambéry puis en rejoignant Cruseilles et ses alentours vers 17h.

Patrick LOCATELLI