Val de Nendaz (Valais)
(du dimanche 25 au jeudi 29 août 2019)

Nous étions 17 participants pour ce Tour du Val de Nendaz dans le Valais en Suisse :
Liliane et Serge, Geneviève et Jean-Claude, Nathalie et Eric, Marie-Françoise et Patrick, Marie-Louise et Claude et Solène, Marc, André, Bernard, Michel, Françoise, Monique.

Ce programme itinérant a été envisagé de longue date, puis organisé et mis en place minutieusement par Liliane, qui en a anticipé les moindres détails (transport en bus, réservation des refuges, possibilité de parking pour les quatre voitures, horaires, etc …). Un travail nécessitant une forte implication, d’autant plus que notre groupe était important.
Chacun a ainsi bénéficié de ce travail effectué dans l’ombre, sous le contrôle de Serge, remarquable dans son rôle de trésorier, qui devait bien sûr en apprécier et en gérer la situation financière.
De gros remerciements donc à tous les deux, qui ont permis à chaque participant, libéré de toute contrainte, de profiter pleinement de ce périple.

Dimanche 25 août : (Nendaz – Veysonnaz – cabane d’Essertze)
Tout le monde se retrouvait à l’aube à Cruseilles sur le lieu de départ prévu à 6h15, pour un transport en voiture jusqu’à Nendaz. Le ciel encore étoilé présageait une journée de très beau temps et la journée commençait donc bien pour tous et encore mieux pour ceux qui ont profité de ce voyage jusqu’en Valais pour reprendre le cours de leur sommeil interrompu un peu plus tôt.
Nous arrivions à l’heure à Nendaz où une navette réservée (merci aux organisateurs) pouvait nous conduire à Veysonnaz, point de départ de notre randonnée.

Après une balade d’un peu plus de deux heures souvent sous le télécabine des Mayens, par un chemin parfois en pâturage, parfois en forêt, chacun appréciait le moment du premier pique-nique pris plus de six heures après le déjeuner écourté du matin.
Le programme de la journée était copieux et nous devions nous élever encore pour atteindre notre logis du premier soir car nous n’avions effectué alors que la moitié des 1000 m du dénivelé positif à accomplir.
Après avoir progressé en direction de Thyon 2000 par un agréable chemin dans la forêt de Magrappé, puis dans un décor devenu plus sauvage jusqu’aux Gouilles d’Essertze, notre groupe atteignait le point le plus élevé du jour, avant de basculer sur un autre versant et redescendre près de 200 m de dénivelé jusqu’à atteindre la cabane d’Essertze.


Nous sommes en Suisse et ici les randonneurs ne dorment pas dans un refuge mais dans une cabane. Et il n’y a pas que le terme qui diffère, souvent le confort aussi ; pas de surprise donc de devoir se passer de douche ou d’eau chaude pour un soir ou de trouver les WC à l’extérieur.
Après un repas pris sans dessert, chacun trouvait alors sa place pour cette première nuit dans le dortoir de 20 lits qui nous était attribué.

Lundi 26 août : (cabane d’Essertze – cabane St Laurent)
Le dénivelé positif de 650 m pouvait faire croire à une journée plus tranquille que celle de la veille, mais la distance de 14 kms à parcourir et le dénivelé négatif de près de 400 m annonçaient tout de même une étape respectable à accomplir.
L’itinéraire du jour reprenait la fin du parcours effectué la veille mais dans le sens de la montée cette fois-ci jusqu’à atteindre le sommet du Mont-Rouge (2491m) après une élévation de 300 m déjà. Le groupe basculait alors directement dans la vallée opposée parmi les pâturages, après avoir choisi raisonnablement de ne pas s’aventurer sur une arête jugée un peu trop aérienne.


Par un très beau temps, la descente dans un paysage ouvert et dégagé, skiable en hiver à la vue des remonte-pentes existants et ceux en cours d’installation, nous conduisait vers Combatseline où une terrasse face à un magnifique panorama nous permettait de prendre un appréciable café pour compléter notre repas sandwich. Pas trop de répit tout de même car la route était encore longue, le long du bisse de Chervé empruntant un agréable sentier d’altitude globalement assez plat, avec une vue somptueuse sur le barrage de Cleuson.

La teinte turquoise des eaux retenues par ce barrage nous obligeait à multiplier les pauses photos tant le spectacle était magnifique et méritait de s’y attarder.
La suite du parcours était alors plus sportive ; après le passage d’un petit pont, une montée assez régulière d’une cinquantaine de minutes sur un chemin caillouteux nous conduisait à la cabane St-Laurent à 2485 m d’altitude.
Le petit salé aux lentilles et carottes complété d’une part de pastèque en dessert était bien apprécié par tous avant les parties passionnées de belote mais aussi de crapette, initiée par Solène.

Mardi 27 août : (cabane St Laurent – cabane de Balavaux)
Cette fois-ci encore, le début de la balade du jour reprenait à l’inverse l’itinéraire de la veille.
C’était plutôt agréable de commencer la journée par une descente, suivie du sentier en balcon surplombant le lac de Cleuson, qui nous permettait d’apprécier une fois encore ses eaux bleutées.
Au bout du lac, notre chemin nous offrait la traversée du barrage jusqu’à une belle chapelle blanche posée dans un paysage verdoyant complétant un décor très apprécié.
La descente rapide au pied du barrage aboutissait sur un chemin pierreux au bord de grandes prairies occupées par un important troupeau de vaches d’Hérens, qui nous ralentissait un peu, le temps d’admirer ces imposantes vaches montagnardes, de couleur noire.


Le parcours se poursuivait alors par une longue montée effectuée en deux temps, entrecoupés par le repas de midi. La seconde partie effectuée après le repas était très raide dans un paysage devenant rocheux jusqu’au Plan du Fou, puis davantage encore en direction de la Dent de Nendaz (2463m), jusqu’à être totalement chaotique en fin de grimpée.
Nous devinions notre prochaine cabane de là-haut, mais elle était encore bien loin, car une longue descente était encore nécessaire pour l’atteindre.
En plombant le lac Noir, qui porte bien son nom tant son eau est sombre, nous poursuivions notre descente en cherchant toutefois un peu notre itinéraire dans un paysage devenu plus verdoyant, très ouvert mais avec des indications un peu trop clairsemées.
Puis au milieu de prairies boisées, proche d’un troupeau de vaches, la cabane de Balavaux, un peu moins « cabane » que les deux précédentes, nous attendait avec sa magnifique terrasse dominant de remarquables mélèzes, sur la commune d’Isérables au-dessus de Prarion.

Mercredi 28 août : (cabane de Balavaux – Auberge de jeunesse de Sion)
Comme annoncé la veille par le gardien, notre réveil s’est passé avec les tintements de cloches des vaches qui très tôt avaient été déplacées dans un parc tout proche de notre cabane. Après un déjeuner copieux, nous devions reprendre notre chemin jusqu’à Nendaz, où nos véhicules étaient garés.
Le parcours qui allait comporter essentiellement de la descente, débutait parmi ces énormes mélèzes, plusieurs fois centenaires qui suscitaient toute notre curiosité. Le chemin nous conduisait inévitablement près du plus grand d’entre eux, appelé ici le Roi de Balavaux tant sa taille est gigantesque (11,50 m de circonférence) et qui est reconnu comme le plus gros mélèze d’Europe, âgé d’environ 900 ans.
Nous poursuivions alors en rejoignant le Bisse de Saxon, qui est aussi le plus long du Valais.
Notre progression le long de ce bisse constituait une promenade vraiment agréable dans la forêt, par une température idéale aussi, avec cette eau qui coulait paisiblement à nos côtés. La rencontre de quelques écureuils noirs ne nuisait pas pour profiter de ce splendide environnement jusqu’à la cabane « Le Bourlâ » du garde du bisse, plutôt satisfait de nous montrer son petit espace de vie.
La fin du parcours par le sentier des pives parmi quelques épicéas nous conduisait à Nendaz terme de notre boucle pédestre.
Après un rafraîchissement apprécié, nous prenions alors en voiture la direction de Sion où nous allions passer la nuit dans une auberge de jeunesse, car nos deux organisateurs avaient prévu pour le lendemain la visite d’un bisse, le bisse du Torrent-Neuf ou bisse de Savièse.

Jeudi 29 août : (Bisse de Savièse)
La journée débutait par un petit trajet en voiture pour atteindre le parking proche du départ de la curiosité du jour. Un plaisant chemin forestier nous conduisait assez rapidement le long du bisse de Savièse, puis jusqu’au début d’un itinéraire spectaculaire et vertigineux, montrant l’invraisemblable travail effectué au début du XVe siècle pour accrocher ce canal de planches sur des parois rocheuses, afin d’acheminer l’eau vers le village de Savièse.
Le parcours de faible dénivelé, bien sécurisé est cependant très vertigineux. Construit à flanc de falaise, il comporte le franchissement de quatre passerelles métalliques d’environ 90 m de longueur, suspendues dans le vide et même le passage dans un tunnel.


Après la pause de midi, nous avons profité d’une visite commentée, montrant et expliquant notamment le fonctionnement du mécanisme d’une scie actionnée par un moulin, en mouvement grâce à l’eau acheminée par le bisse.
Nous pouvions ensuite rejoindre notre parking en empruntant en retour le même itinéraire perché au-dessus de Sion et la vallée, un parcours atypique qu’il aurait été dommage de ne pas connaître.
Merci encore à Liliane et Serge pour leur investissement dans ce périple valaisan, d’une soixantaine de kilomètres, effectué par beau temps et ponctué par la découverte de ce bisse, qui nous a fait prendre conscience que le profil du terrain n’avait pas été un frein à sa réalisation.

Patrick Locatelli