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Corse 2018

Corse (Mare a mare sud)

(du samedi 18 au samedi 25 août 2018)

Nous étions 18 participants pour cette randonnée d’une semaine dans le sud de la Corse, pensée et préparée minutieusement par Liliane depuis l’hiver dernier déjà :

Liliane et Serge, Thérésa et Marc, Geneviève et Jean-Claude, Marie-Louise et Claude, Evelyne et André, Marie-Françoise et Patrick, Nathalie et Eric, Pascale, Michèle, Nadine, Josiane.

La mise en place d’un tel programme itinérant, de surcroît pour un groupe important, nécessite une implication totale, un sens naturel de l’organisation et un long travail effectué souvent dans l’ombre dont chacun a pu bénéficier durant toute la semaine.

De gros remerciements donc à notre indispensable organisatrice, secondée par l’irremplaçable Serge, qui chaque jour, soir et matin, anticipait tous les détails, veillait au bon fonctionnement de notre installation en gîte et en gérait la partie financière.


Samedi 18 août : (nuit à l’auberge du Col de Bavella à 1183m d’altitude)
Le premier jour de notre semaine était essentiellement réservé à notre transport aérien puis routier vers Bavella, lieu de départ de notre périple tracé d’est en ouest dans le sud de la Corse. Tous les participants se retrouvaient donc à l’aéroport de Genève à l’entrée EasyJet, au secteur France bien entendu, où le rendez-vous avait été fixé à 11h.

Le léger retard de 30 à 40 minutes du vol était insignifiant et sans importance pour notre groupe, vu que le programme de la journée n’était pas chargé et se résumait à notre installation dans l’auberge du col de Bavella.

Sans importance pour nous peut-être, mais pas pour le chauffeur du bus qui après avoir patienté à l’aéroport d’Ajaccio, a semblé vouloir rattraper un peu de son temps, sur les routes sinueuses, tortueuses, montagneuses, peu fréquentées, qui offraient une liberté de conduite apparemment habituelle sur l’île, aux dépens des passagers les moins aguerris.

Les autres auront pu apprécier les beaux et verts paysages corses durant les deux heures de ce transport par les villages de Quenza, puis Zonza un peu arrosés en cette fin d’après-midi, ainsi que la présence, à peine étonnante en Corse, de deux cochons noirs en liberté sur le bas-côté de la route.

Le groupe a alors pu s’installer dans les trois chambres mises à sa disposition dans ce gîte correct, avant le repas du soir et les plus passionnés ont pu commencer leurs premières parties de belote.

Dimanche 19 août : (2e nuit à l’auberge du Col de Bavella)
Dans cette partie sud du massif de Bavella, deux randonnées étaient possibles vu que pour la seule fois de la semaine nous allions passer deux nuits dans la même auberge. L’opportunité de ce début de parcours « en étoile » était d’autant plus appréciée qu’elle permettait d’une part un éloignement limité, situation plus rassurante, vu la couverture nuageuse parfois menaçante et d’autre part le port d’un sac allégé étant donné que le nécessaire au couchage pouvait rester au logis.

Peu après 8h le groupe partait ainsi en direction du refuge de Paliri via le Foce Finosa, un col situé à une altitude certes à peine plus élevée que celle du point de départ, mais atteint après une élévation de 200 m par une succession de petites côtes, qui faisaient suite à une raide descente de 150 m dans un sentier varié et assez rocailleux.

Le Foce Finosa n’était qu’au milieu de cet itinéraire et il fallait de nouveau poursuivre par une longue descente de 200m avant un court raidillon final qui permettait de joindre un point de vue intéressant sur la montagne trouée « le Tafunta di Paliri » et sur l’aiguille « le campanile Santa Lucia ».

Le retour s’effectuait par le même itinéraire, ce qui devait finalement offrir un dénivelé total correct de +600 m et  -600m. Le pique-nique, lors du retour était légèrement écourté et perturbé par la pluie, ce qui précipitait une mise à l’abri pour un café bien apprécié dans notre auberge.

Après la pluie le soleil semblait pointer et un 2e départ à 14h30 pouvait avoir lieu en direction du bien connu Trou de la bombe, de plus en plus nommé Tavonu di u Cumpuleddu, sans doute moins aisé à retenir.

Même si le tiers du groupe a préféré s’abstenir pour cette seconde randonnée et rester dans le confort de l’auberge, la majorité partait vers cette curiosité locale, sous un soleil de plus en plus visible. L’approche s’effectuait par un sentier le plus souvent aisé, parfois avec des parties rocheuses, dans un sous-bois clairsemé qui laissait entrevoir des points de vue sur les aiguilles de Bavella.

La fameuse trouée dans la montagne était alors apparente, toute proche mais pour l’atteindre vraiment, il fallait encore franchir deux barrières rocheuses puis grimper avec prudence par quelques pas d’escalade jusqu’au trou, au bord étroit, pour ensuite voir le gouffre impressionnant situé juste derrière.

Le retour par le même sentier permettait de rejoindre le gîte et le reste du groupe qui avait préféré « jouer cartes sur table ». 

Lundi 20 août : (nuit au refuge Corse Odyssée de Quenza)
Après le temps un peu perturbé de la veille, le gardien du gîte nous avait prédit pour ce matin que la pluie arriverait au lever du soleil ; la formule était amusante mais la météo était autre que ses prédictions puisque le soleil s’était levé … par beau temps.

Heureusement d’ailleurs car la journée devait être longue, la plus rude de la semaine et le sac totalement chargé, pour la poursuite du parcours désormais itinérant.

L’itinéraire prévu, déconseillé par temps pluvieux car dangereux et glissant, pouvait ainsi être emprunté, sans avoir recours à la variante plus abordable sur le GR20 classique.

Dès le départ à 8h le sentier s’élevait dans un couloir raide jusqu’à atteindre le Bocca di u Truvone qui permet de découvrir les plus hautes tours de Bavella.

Le parcours escarpé et souvent chaotique se poursuivait alors par une courte mais raide descente à travers blocs et dalles rocheuses. L’une d’elle très inclinée équipée d’une longue chaîne permettait de rejoindre un chemin en contrebas et d’accéder à une montée plus régulière jusqu’au col Bocca di u Pargulu (1680m).

C’en était fini pour la montée pour cette journée, mais nous devions perdre alors 850m d’altitude d’ici notre arrivée. Souvent en forêt de pins et bouleaux, le chemin était devenu moins difficile mais long, trop long pour sortir de cette forêt avant le pique-nique du jour. Comme la veille, lors de notre pause déjeuner, le temps menaçait avec des grondements de tonnerre. Les premières gouttes précipitaient alors la reprise de notre itinérance, mais le refuge du soir était encore bien loin et c’est là-bas que l’orage frappait, que le ciel se vidait de son eau et de sa grêle. Notre évolution sur les longs chemins ne semblait pas menacée ; le croisement de quelques cochons en liberté bien sûr apportait un côté sauvage supplémentaire, s’il en était besoin.

La chaleur nous avait accompagnés durant toute cette longue journée et au hameau très désert de Prugna, c’était une satisfaction pour beaucoup de rencontrer une gentille dame nous offrant de quoi remplir nos gourdes vidées par des longues heures de marche.

Une baignade des pieds, un peu plus loin lors d’une traversée de rivière nous permettait de mieux supporter la fin de cette journée très physique.

L’atteinte du gîte à 17h où la gardienne très aimable nous disait s’être inquiétée pour nous, vu les fortes pluies qui avaient sévi, était un soulagement pour tous. Le logement était sympa dans cet environnement où vivaient chats, chien et même une vache.



Mardi 21 août : (nuit au gîte Le Scopos à Serra di Scopamena)
Après l’étape reine de la veille, la journée allait être plus tranquille, plutôt proche d’une promenade de santé. Dès le départ à 9h par très beau temps, une descente nous orientait vers le cœur du village de Quenza puis après la traversée d’une passerelle, le sentier souvent empierré reprenait de la hauteur pour nous élever encore d’environ 300m.

Un lieu propice dans une partie plane permettait la pause de midi, le soleil était chaud mais comme les jours précédents à ce moment-là, quelques grondements de tonnerre pouvaient inquiéter, même si le terme de cette étape n’était pas trop lointain.

Nous avions largement le temps d’effectuer une petite variante pour gravir un petit mont proche qui offrait un beau point de vue, mais quelques-uns d’entre nous préféraient rejoindre directement le village de Serra di Scopamena qui abritait notre gîte du soir, sans s’exposer aux risques éventuels des caprices du ciel.

Finalement la pluie n’était pas pour ce jour ; le groupe se retrouvait alors au complet dans un bistrot du village, le temps d’une boisson bien rafraîchissante en patientant jusqu’à l’ouverture de notre gîte. Nous étions en avance à l’issue de cette journée de transition.


Mercredi 22 août : (nuit au gîte Chez Santa à Ste Lucie de Tallano)

Jusqu’alors piloté par Serge et Liliane, le groupe se trouvait ce jour sous la conduite de Nathalie, qui prenait à cœur et avec sérieux cette responsabilité.

Dès notre départ à 8h15, une longue descente parmi quelques agréables senteurs de menthe, nous faisait perdre près de 600m d’altitude par un chemin de dalles ou parfois empierré, traversant tantôt des bosquets de chênes verts jusqu’à franchir une rivière par une belle passerelle.

Une pause pour se rafraîchir pieds et jambes dans l’eau de cette rivière était appréciée, avant une montée raide, souvent en lacets, qui devait nous élever de près de 400m, et qui faisait bien transpirer le groupe malgré l’ombrage des châtaigniers et des chênes verts. Le sentier se poursuivait alors dans un maquis plus ouvert jusqu’au col de Tavara.

La suite du parcours vers Ste Lucie était principalement descendante mais interrompue par moment par quelques passages pentus.

Le repas de midi une fois de plus était marqué par l’apparition d’une petite pluie légère, sans conséquence toutefois, tant nous y étions habitués.

Le sentier terminé en escalier nous amenait alors dans les ruelles sur le haut de Ste Lucie, puis vers le centre près de la grande fontaine. Il était 15h et une boisson fraîche prise sur la place de ce beau petit village animé était bienvenue avant notre répartition dans les différents logements, tous proches certes, mais pas tous situés dans le même bâtiment.

Tous se retrouvaient bien sûr pour un repas copieux (en charcuterie et pizza), pris en terrasse.

Jeudi 23 août : (nuit au gîte U Fracintu à Burgo)

Le groupe à l’unanimité décidait que pour cette journée, Claude serait le chef, équipé de surcroît d’un sifflet qui allait retentir à chaque départ.

A 8h30 le groupe quittait le village pour une descente d’environ une heure jusqu’à atteindre une rivière enjambée par un pont permettant la remontée de ce fond de vallée vers un sommet atteint après deux heures d’efforts et de suées tant la chaleur régnait.

Dans la forêt au début, ce sentier se trouvait découvert sur le sommet où un arbre apportait l’ombrage nécessaire pour notre pique-nique quotidien.

Pas de grondement du tonnerre cette fois-ci, on serait presque restés un peu plus longtemps à l’ombre de cet arbre, visiblement épargné lors du dernier incendie, perceptible par les nombreux arbres asséchés du voisinage. Mais le sifflet du départ avait retenti.

Le chemin en descente parfois dans les fougères, souvent dans le maquis, bordé de ronces, de mûres qui ralentissaient un peu notre progression nous rapprochait du village de Fozzano où quelques inquiétantes gouttes commençaient à tomber … puis en très peu de temps c’était un énorme déluge qui s’abattait sur le village, pendant que les éclairs zébraient le ciel.

La plupart d’entre nous s’étaient précipitamment réfugiés sous un parasol trop petit devant une biscuiterie trop petite aussi.

Blottis les uns contre les autres, avec un chien qui n’avait pas réussi non plus à trouver meilleur abri, nous ne pouvions qu’attendre la fin de ces averses, une longue heure de patience.

Il restait alors une heure et demie pour rejoindre Burgo en parcourant le maquis qui avait été bien arrosé.

Vendredi 24 août : (nuit à l’hôtel Kalliste au centre d’Ajaccio)

Le chef Claude laissa sa place à son épouse Marie-Louise, chargée ainsi de la conduite du groupe pour la dernière journée.

A 8h le départ était donné, il faisait beau et le programme du jour était encore copieux. Pour rejoindre le terme de cette semaine de randonnée, cinq heures de marche étaient nécessaires, par des sentiers tracés d’abord dans la verdure du maquis, ensuite en forêt avec un dénivelé positif de près de 800m et négatif de 600m.   

La mer n’était plus très éloignée et depuis les hauteurs nous pouvions apercevoir la baie de Propriano lors de notre pause déjeuner.

Le chemin de descente qui s’ouvrait encore dans le maquis, après un court détour le temps de visiter une chapelle, nous conduisait par une chaleur tropicale à Olmeto, le village ultime de notre périple pédestre, où devait nous attendre le bus à destination d’Ajaccio.

Le transport plus court qu’à l’aller puisque nous nous étions bien sûr rapprochés d’Ajaccio, nous conduisait directement devant l’hôtel Kalliste au centre de la ville ; le temps de prendre possession des chambres et nous repartions aussitôt tous en direction de la plage toute proche où la baignade dans une mer agréable était appréciée après cette chaude journée,.

Tout le groupe se retrouvait ensuite pour un dernier repas de qualité pris en terrasse sur le port d’Ajaccio au restaurant « l’Amirauté ».

Samedi 25 août : (départ d’Ajaccio vers l’aéroport de Genève)

Notre semaine prenait fin après quelques flâneries matinales dans les rues d’Ajaccio, en quittant Nadine, puis Marie-Louise et Claude qui avaient choisi de prolonger leur présence sur l’île.

Le vol du retour était à l’heure et c’est à l’aéroport de Genève que chacun de son côté partait avec ses propres souvenirs, de ce séjour dépaysant, sportif, vécu dans la bonne humeur, organisé sans temps mort, sans faille et dans les moindres détails.

Patrick Locatelli

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La traversée des Dolomites 2016

Traversée des Dolomites
(du dimanche 7 au samedi 13 août 2016)

Nous étions 14 pour participer à cette randonnée d’une semaine dans le massif italien des Dolomites, un massif inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, où les refuges sont souvent confortables avec un accueil chaleureux :
Liliane et Serge, Geneviève et Jean-Claude, Thérésa et Marc, Marie-Laure, Michèle, André, Marie-Françoise et Patrick, Catherine, Pascale, Françoise.

Dimanche 7 août : (nuit au refuge Tre Scarperi à l’altitude 1626m)
Chacun a dû se lever très tôt (vers 4h) pour un départ prévu à 5h30 près des courts de tennis d’Archamps, à bord de deux véhicules, réservés auprès du club d’athlétisme de Saint-Julien. Jean-Claude et Serge, chacun au volant d’un mini-bus sont arrivés à cette heure précise au point de rendez-vous après avoir récupéré chaque participant à son domicile.
Tout s’annonçait bien, les horaires prévus ont été scrupuleusement respectés par tous et le départ pour 650 kms via le Tunnel du Mont-Blanc, Aoste, Milan, Bergame, Brescia, Vérone, Trente a pu s’effectuer dans les meilleures conditions, le beau temps étant présent également.
Il fallait être à 15h à Val Gardena où nous laisserions les deux mini-bus pour la semaine et où un transporteur devait conduire le groupe jusqu’au départ de notre randonnée.
Tôt le matin, notre progression routière vers les montagnes italiennes était rapide et nous avions une bonne marge horaire pour atteindre le lieu de rendez-vous à temps ; mais la grande affluence sur les autoroutes a quelque peu bousculé nos prévisions horaires, sans toutefois nous inquiéter, puisqu’après avoir pris le temps d’un casse-croûte sur une aire vers 11h, nous avons pu garer les deux mini-bus sur un parking gratuit et monter à bord du bus-taxi vers 15h30, pour environ 110 kms.
Celui-ci nous a ainsi conduits vers le départ de notre randonnée, mais pour approcher du sentier pédestre il fallait encore parcourir plusieurs kms sur une route que le bus-taxi ne pouvait emprunter. Heureusement il existe des navettes régulières ; la dernière partait à 17h40 … il était 17h35. Un timing parfait donc, avec un peu de chance aussi et nous étions aussitôt devenus des randonneurs avec chaussures aux pieds, bâtons et sac de montagne (de 9 à 11 kilos) rempli pour la semaine.
Après une demi-heure de marche et une dénivelée de +150m, nous avons ainsi atteint le refuge Tre Scarperi aussi appelé Drei-Schuster-Hütte. Il faudra s’habituer à cette double nomination des lieux et refuges, sachant que dans cette région d’Italie proche de l’Autriche, on y parle surtout l’Allemand.

Lundi 8 août : (nuit au refuge Locatelli à l’altitude 2405m)
La première véritable journée de randonnée est en fait une petite journée puisque moins de trois heures de marche (avec des dénivelées de +850m et -100m) suffisent pour atteindre le refuge suivant.
Après la grosse journée de la veille (départ à l’aube et long trajet depuis la France), un départ à 8h30 pour ce court itinéraire est apprécié. Mais avant la pause de midi, l’envie de rallonger le parcours prévu, est partagée par presque tous et voilà la majorité du groupe évoluant dans un pierrier en vue d’en atteindre le sommet au bout d’une petite demi-heure.
Là, il fait toujours beau et il est intéressant de prendre des photos des nombreuses cavités, grottes et galeries creusées jadis en période de guerre et de profiter aussi de la vue magnifique depuis ces ouvertures dans les rochers.
Après la redescente pour retrouver l’itinéraire initial et la pause habituelle de midi, le groupe reprend sa marche vers le deuxième refuge de la semaine, un refuge important situé au pied des imposantes Trois Cîmes du Lavaredo, hauts pics rocheux de granit.
Beaucoup de monde se croisent ici et nous découvrons de larges étendues proches de ce refuge Locatelli, l’un des plus anciens des Dolomites ; on peut y visiter une petite chapelle, qui surplombe un lac … un très beau site que chacun veut encore mieux apprécier en parcourant un petit sentier permettant d’atteindre après environ trente minutes un col vraiment tout proche du pied des Trois Cîmes.
Le programme court de cette journée ne le fut donc pas tant que ça et le repas du soir puis la nuit au refuge étaient les bienvenus.

Mardi 9 août : (nuit au refuge Pratopiazza à l’altitude 1991m)
Le ciel pour la première fois est gris mais heureusement le temps est sec et la température agréable.
La journée débute par une longue descente vers Landro dans le val Rimbon avec une dénivelée de -1000m. Peu à peu nous quittons le paysage très rocheux, minéral pour retrouver de la verdure, des forêts. Nous entendons parfois des sifflements de marmottes que nous pouvons apercevoir aussi. Et bien sûr, arrivés au bas de cette vallée de Rientztal, nous remontons aussitôt sur un autre versant vers le col de Strudelkopfsattell, après une élévation de +850m.
En fin de montée, les premières gouttes de pluie apparaissent et heureusement un tunnel sur le parcours redevenu rocheux au bord de la falaise, est le bienvenu. Il est midi et le moment est idéal de choisir cet endroit pour ouvrir le pique-nique. Nous sommes abrités de cette eau qui tombe par averses parfois fortes, mais qui peut sembler passagère, le temps du repas.
Il faut repartir, le refuge est encore loin et la pluie semble cesser. Mais il était dit hélas que cette journée se finirait sous la pluie ; elle se remet à tomber cette fois sans discontinuité pour nous accompagner dans notre descente (-250m) presque jusqu’à notre arrivée au refuge.
Nous trouvons pourtant sur notre parcours une vieille maison abandonnée au moment le plus intense de l’averse, mais l’abri n’y est pas possible puisque cette masure n’a pas de toit.
Trempés, nous devons nous rapprocher du refuge en traversant des prairies gorgées d’eau ; peu à peu des parties de ciel bleu apparaissaient, il est 15h30, nous atteignons notre but.
Après cette grosse journée, le temps de la douche, chaude cette fois, est arrivé et chacun doit s’affairer ensuite à trouver un emplacement pour étendre ses vêtements, chaussures, sac pour le séchage durant la nuit.

Mercredi 10 août : (nuit au refuge Biella à l’altitude 2327m)
Ce devait être la journée la plus maussade au niveau des intempéries. Mais les fortes averses de la veille et de la nuit et qui tombent encore abondamment le matin, sont finalement en avance sur les prévisions. C’est donc une bonne nouvelle car selon les dernières estimations de la météo, la pluie doit cesser en cours de matinée. Notre départ prévu à 8h est donc reporté espérant un retour rapide à un ciel plus clément, mais à 10 h il faut bien partir.
Par chance, c’est juste le moment où la pluie cesse ; nous pouvons apercevoir la neige fraîche tombée sur les sommets. Nous partons donc sans cape de pluie, mais avec des vêtements chauds, des guêtres aussi car le temps est frais et les fortes averses ont bien arrosé la nature. L’itinéraire prévu empruntait le pas de Gaiselleite et le col de Sora Forno, mais il paraît plus sage à la majorité du groupe, vu les conditions météo, le sol mouillé et les risques de brouillard, de contourner ce passage étroit, abrupt et préférer un itinéraire certes plus long mais plus sûr.
Nous partons donc pour une longue descente (-800m) avant de remonter à peu près cette même dénivellation (+800m) par un long chemin pierreux au milieu d’une végétation verdoyante. Les traversées de cours d’eau sont rendues parfois difficiles car ils sont souvent gonflés par les fortes pluies de la nuit et de la matinée.
Après le casse-croûte pris par temps frais légèrement venté, nous apprécions d’aller prendre une boisson chaude dans une auberge avant de reprendre la montée (+350m) à travers un paysage minéral de lapias. Nous atteignons ainsi la crête Fossesriedl que nous longeons en remarquant souvent la présence d’edelweiss. Nous dominons le lac des Fosses près duquel se trouve un important troupeau de moutons. Nous atteignons le refuge Biella à 16h30.
En fin de repas, Marc mettait une folle ambiance dans la salle avec plusieurs chansons et notamment « La bella polenta » … une bien belle soirée.

Jeudi 11 août : (nuit au refuge Lavarella à l’altitude 2042m)
Il ne fait pas très chaud ce matin lors de notre départ à 8h pour la descente (-500m) vers le lac des Fosses au milieu de splendides paysages.
Le terrain plus vallonné ensuite parmi de prairies verdoyantes nous remonte (+150m) à 1980 m d’altitude près du lac Piccolo au cœur du parc naturel de Fanes où nous choisissons pour la pause de midi un emplacement si possible abrité du vent toujours très frais. Une boisson chaude prise ensuite dans une auberge toute proche est un réel réconfort avant la poursuite de notre chemin. Celui-ci reprend d’abord par une descente (-540m) avant de s’élever rapidement le long d’un sentier escarpé avec un pourcentage important au milieu de pierres et rochers (+350m).
Le vent froid du matin s’est calmé et le changement de relief nous contraint à poser rapidement les habits chauds.
Après une longue partie plate légèrement vallonnée, le groupe disséminé dans la partie escarpée se reforme avant d’entamer la dernière montée de la journée d’environ +250m de dénivelée jusqu’au refuge Lavarella.

Vendredi 12 août : (nuit au refuge Gardenacia à l’altitude 2050m)
Le vent est frais voire même froid au départ à 8h15 pour la dernière grosse étape de notre périple. Dès le départ nous remarquons tous une marmotte curieuse sortie de sa tanière sous un chalet, juste le temps de nous voir passer. Nous nous éloignons donc pour une montée (+500m) dans la forêt d’abord puis par un sentier plus rocheux ensuite vers le col Forcella Medesc.
Un paysage splendide sous un ciel gris qui laissait s’échapper quelques flocons de neige, laquelle avait blanchi les sommets proches.
Après le passage du col, nous entamons la descente (-1100m) du Val de Medesc en direction de la ville de « La Villa Stern ». Une descente dans un pierrier instable, sur un sol lunaire loin de toute végétation. Nous remarquons des tranchées creusées par le ruissellement que nous imaginons important en cas de pluies torrentielles. Peu à peu en approchant du bas de la vallée nous retrouvons de la verdure, des forêts de conifères et nous pouvons même nous risquer (prudemment) à chercher sur le versant opposé le refuge de notre dernier soir. Arrivés dans la ville que nous traversons, nous prenons une pause le temps d’un café, d’un thé ou d’une bière mais la journée n’est pas finie.
Tout là-haut, notre refuge est perché et une grimpette de +600m est nécessaire pour y parvenir par un raide sentier sinueux dessiné dans une trouée entre les rochers.
Quelle délivrance à la sortie de cette trouée rocheuse, de voir tout proche ce refuge que certains avaient un instant imaginé pouvoir atteindre assis sur un télésiège.
Il est 16h20, la bière de fin d’étape est méritée.
L’excellente ambiance du groupe qui n’a jamais faibli depuis le premier jour redevenait chaude pour cette ultime soirée, après le repas terminé par un gâteau d’anniversaire, des digestifs et de nouvelles chansons entonnées par Marc et reprises par tous.

Samedi 13 août : (Retour sur Cruseilles)
C’est le jour du retour en France, mais l’équipement du randonneur est encore utile car une vraie étape doit encore être accomplie avant de « monter dans le bus ».
La température idéale, le temps calme, le vent inexistant, le ciel azur tout est parfait pour ce dernier départ à 7h30.
Nous entreprenons aussitôt la montée régulière (+500m) jusqu’au col de Gardenacia à 2543m. Arrivés là, il en est fini de grimper et nous apprécions pleinement ce moment que nous choisissons pour prendre notre photo du groupe. Nous tardons un peu à quitter cet endroit magnifique de haute montagne mais les impératifs horaires de notre dernière journée nous y obligent.
Après une traversée vallonnée vers le refuge Puez où paissent de nombreux moutons, nous abordons la descente (-1000m) dans la vallée et l’approche de la magnifique ville de Selva Val Gardena.

Il nous reste à trouver un moyen de nous faire transporter près de nos deux mini-bus garés à une quinzaine de kms de là. Nous approchons d’un arrêt de bus, un bus s’arrête …
– Pour Runggaditsch , St Ulrich ? demande Liliane à la conductrice.
Elle s’empresse de lui dire de faire monter le groupe et une vingtaine de minutes plus tard, nous retrouvons nos deux mini-bus. Comme à l’aller, pas d’attente, un timing parfait.

Vers 16h, nous partons pour Cruseilles, avec des pauses pour les changements de chauffeur, pour remplir le réservoir de carburant, pour prendre ensemble à Novare notre dernier repas.
Une attente négligeable au Tunnel du Mont-Blanc et chacun retrouve son domicile vers 1h du matin.