Traversée des Dolomites

(du dimanche 7 au samedi 13 août 2016)

Nous étions 14 pour participer à cette randonnée d’une semaine dans le massif italien des Dolomites, un massif inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, où les refuges sont souvent confortables avec un accueil chaleureux :

Liliane et Serge, Geneviève et Jean-Claude, Thérésa et Marc, Marie-Laure, Michèle, André, Marie-Françoise et Patrick, Catherine, Pascale, Françoise.

Dimanche 7 août : (nuit au refuge Tre Scarperi à l’altitude 1626m)

Chacun a dû se lever très tôt (vers 4h) pour un départ prévu à 5h30 près des courts de tennis d’Archamps, à bord de deux véhicules, réservés auprès du club d’athlétisme de Saint-Julien. Jean-Claude et Serge, chacun au volant d’un mini-bus sont arrivés à cette heure précise au point de rendez-vous après avoir récupéré chaque participant à son domicile.

Tout s’annonçait bien, les horaires prévus ont été scrupuleusement respectés par tous et le départ pour 650 kms via le Tunnel du Mont-Blanc, Aoste, Milan, Bergame, Brescia, Vérone, Trente a pu s’effectuer dans les meilleures conditions, le beau temps étant présent également.

Il fallait être à 15h à Val Gardena où nous laisserions les deux mini-bus pour la semaine et où un transporteur devait conduire le groupe jusqu’au départ de notre randonnée.

Tôt le matin, notre progression routière vers les montagnes italiennes était rapide et nous avions une bonne marge horaire pour atteindre le lieu de rendez-vous à temps ; mais la grande affluence sur les autoroutes a quelque peu bousculé nos prévisions horaires, sans toutefois nous inquiéter, puisqu’après avoir pris le temps d’un casse-croûte sur une aire vers 11h, nous avons pu garer les deux mini-bus sur un parking gratuit et monter à bord du bus-taxi vers 15h30, pour environ 110 kms.

Celui-ci nous a ainsi conduits vers le départ de notre randonnée, mais pour approcher du sentier pédestre il fallait encore parcourir plusieurs kms sur une route que le bus-taxi ne pouvait emprunter. Heureusement il existe des navettes régulières ; la dernière partait à 17h40 … il était 17h35. Un timing parfait donc, avec un peu de chance aussi et nous étions aussitôt devenus des randonneurs avec chaussures aux pieds, bâtons et sac de montagne (de 9 à 11 kilos) rempli pour la semaine.

Après une demi-heure de marche et une dénivelée de +150m, nous avons ainsi atteint le refuge Tre Scarperi aussi appelé Drei-Schuster-Hütte. Il faudra s’habituer à cette double nomination des lieux et refuges, sachant que dans cette région d’Italie proche de l’Autriche, on y parle surtout l’Allemand.

Le refuge Tre Scarperi

Lundi 8 août : (nuit au refuge Locatelli à l’altitude 2405m)

La première véritable journée de randonnée est en fait une petite journée puisque moins de trois heures de marche (avec des dénivelées de +850m et -100m) suffisent pour atteindre le refuge suivant.

Après la grosse journée de la veille (départ à l’aube et long trajet depuis la France), un départ à 8h30 pour ce court itinéraire est apprécié. Mais avant la pause de midi, l’envie de rallonger le parcours prévu, est partagée par presque tous et voilà la majorité du groupe évoluant dans un pierrier en vue d’en atteindre le sommet au bout d’une petite demi-heure.

Là, il fait toujours beau et il est intéressant de prendre des photos des nombreuses cavités, grottes et galeries creusées jadis en période de guerre et de profiter aussi de la vue magnifique depuis ces ouvertures dans les rochers.

Après la redescente pour retrouver l’itinéraire initial et la pause habituelle de midi, le groupe reprend sa marche vers le deuxième refuge de la semaine, un refuge important situé au pied des imposantes Trois Cîmes du Lavaredo, hauts pics rocheux de granit. 

Les Tre Cime di Lavaredo

Beaucoup de monde se croisent ici et nous découvrons de larges étendues proches de ce refuge Locatelli, l’un des plus anciens des Dolomites ; on peut y visiter une petite chapelle, qui surplombe un lac … un très beau site que chacun veut encore mieux apprécier en parcourant un petit sentier permettant d’atteindre après environ trente minutes un col vraiment tout proche du pied des Trois Cîmes.

Le programme court de cette journée ne le fut donc pas tant que ça et le repas du soir puis la nuit au refuge étaient les bienvenus.

Mardi 9 août : (nuit au refuge Pratopiazza à l’altitude 1991m)

Le ciel pour la première fois est gris mais heureusement le temps est sec et la température agréable.

La journée débute par une longue descente vers Landro dans le val Rimbon avec une dénivelée de -1000m. Peu à peu nous quittons le paysage très rocheux, minéral pour retrouver de la verdure, des forêts. Nous entendons parfois des sifflements de marmottes que nous pouvons apercevoir aussi. Et bien sûr, arrivés au bas de cette vallée de Rientztal, nous remontons aussitôt sur un autre versant vers le col de Strudelkopfsattell, après une élévation de +850m.

En fin de montée, les premières gouttes de pluie apparaissent et heureusement un tunnel sur le parcours redevenu rocheux au bord de la falaise, est le bienvenu. Il est midi et le moment est idéal de choisir cet endroit pour ouvrir le pique-nique. Nous sommes abrités de cette eau qui tombe par averses parfois fortes, mais qui peut sembler passagère, le temps du repas.

Il faut repartir, le refuge est encore loin et la pluie semble cesser. Mais il était dit hélas que cette journée se finirait sous la pluie ; elle se remet à tomber cette fois sans discontinuité pour nous accompagner dans notre descente (-250m) presque jusqu’à notre arrivée au refuge. 

Nous trouvons pourtant sur notre parcours une vieille maison abandonnée au moment le plus intense de l’averse, mais l’abri n’y est pas possible puisque cette masure n’a pas de toit.

Trempés, nous devons nous rapprocher du refuge en traversant des prairies gorgées d’eau ;  peu à peu des parties de ciel bleu apparaissaient, il est 15h30, nous atteignons notre but.

Après cette grosse journée, le temps de la douche, chaude cette fois, est arrivé et chacun doit s’affairer ensuite à trouver un emplacement pour étendre ses vêtements, chaussures, sac pour le séchage durant la nuit.  

Mercredi 10 août : (nuit au refuge Biella à l’altitude 2327m)

Ce devait être la journée la plus maussade au niveau des intempéries. Mais les fortes averses de la veille et de la nuit et qui tombent encore abondamment le matin, sont finalement en avance sur les prévisions. C’est donc une bonne nouvelle car selon les dernières estimations de la météo, la pluie doit cesser en cours de matinée. Notre départ prévu à 8h est donc reporté espérant un retour rapide à un ciel plus clément, mais à 10 h il faut bien partir.

Par chance, c’est juste le moment où la pluie cesse ; nous pouvons apercevoir la neige fraîche tombée sur les sommets. Nous partons donc sans cape de pluie, mais avec des vêtements chauds, des guêtres aussi car le temps est frais et les fortes averses ont bien arrosé la nature. L’itinéraire prévu empruntait le pas de Gaiselleite et le col de Sora Forno, mais il paraît plus sage à la majorité du groupe, vu les conditions météo, le sol mouillé et les risques de brouillard, de contourner ce passage étroit, abrupt et préférer un itinéraire certes plus long mais plus sûr.

Nous partons donc pour une longue descente (-800m) avant de remonter à peu près cette même dénivellation (+800m) par un long chemin pierreux au milieu d’une végétation verdoyante. Les traversées de cours d’eau sont rendues parfois difficiles car ils sont souvent gonflés par les fortes pluies de la nuit et de la matinée.

Après le casse-croûte pris par temps frais légèrement venté, nous apprécions d’aller prendre une boisson chaude dans une auberge avant de reprendre la montée (+350m) à travers un paysage minéral de lapias. Nous atteignons ainsi la crête Fossesriedl que nous longeons en remarquant souvent la présence d’edelweiss. Nous dominons le lac des Fosses près duquel se trouve un important troupeau de moutons.  Nous atteignons le refuge Biella à 16h30.  

En fin de repas, Marc mettait une folle ambiance dans la salle avec plusieurs chansons et notamment « La bella polenta » … une bien belle soirée.

Jeudi 11 août : (nuit au refuge Lavarella à l’altitude 2042m)

Il ne fait pas très chaud ce matin lors de notre départ à 8h pour la descente (-500m) vers le lac des Fosses au milieu de splendides paysages.

Le terrain plus vallonné ensuite parmi de prairies verdoyantes nous remonte (+150m) à 1980 m d’altitude près du lac Piccolo au cœur du parc naturel de Fanes où nous choisissons pour la pause de midi un emplacement si possible abrité du vent toujours très frais. Une boisson chaude prise ensuite dans une auberge toute proche est un réel réconfort avant la poursuite de notre chemin. Celui-ci reprend d’abord par une descente (-540m) avant de s’élever rapidement le long d’un sentier escarpé avec un pourcentage important au milieu de pierres et rochers (+350m).

Le vent froid du matin s’est calmé et le changement de relief nous contraint à poser rapidement les habits chauds.

Après une longue partie plate légèrement vallonnée, le groupe disséminé dans la partie escarpée se reforme avant d’entamer la dernière montée de la journée d’environ +250m de dénivelée jusqu’au refuge Lavarella.   

Vendredi 12 août : (nuit au refuge Gardenacia à l’altitude 2050m)

Le vent est frais voire même froid au départ à 8h15 pour la dernière grosse étape de notre périple. Dès le départ nous remarquons tous une marmotte curieuse sortie de sa tanière sous un chalet, juste le temps de nous voir passer.  Nous nous éloignons donc pour une montée (+500m) dans la forêt d’abord puis par un sentier plus rocheux ensuite vers le col Forcella Medesc.

Un paysage splendide sous un ciel gris qui laissait s’échapper quelques flocons de neige, laquelle avait blanchi les sommets proches.

Au col de Medesc

Après le passage du col, nous entamons la descente (-1100m)  du Val de Medesc en direction de la ville de « La Villa Stern ». Une descente dans un pierrier instable, sur un sol lunaire loin de toute végétation. Nous remarquons des tranchées creusées par le ruissellement que nous imaginons important en cas de pluies torrentielles. Peu à peu en approchant du bas de la vallée nous retrouvons de la verdure, des forêts de conifères et nous pouvons même nous risquer (prudemment) à chercher sur le versant opposé le refuge de notre dernier soir. Arrivés dans la ville que nous traversons, nous prenons une pause le temps d’un café, d’un thé ou d’une bière mais la journée n’est pas finie.

Tout là-haut, notre refuge est perché et une grimpette de +600m est nécessaire pour y parvenir par un raide sentier sinueux dessiné dans une trouée entre les rochers.

Quelle délivrance à la sortie de cette trouée rocheuse, de voir tout proche ce refuge que certains avaient un instant imaginé pouvoir atteindre assis sur un télésiège.    

Il est 16h20, la bière de fin d’étape est méritée.

L’excellente ambiance du groupe qui n’a jamais faibli depuis le premier jour redevenait chaude pour cette ultime soirée, après le repas terminé par un gâteau d’anniversaire, des digestifs et de nouvelles chansons entonnées par Marc et reprises par tous.

Samedi 13 août : (Retour sur Cruseilles)

C’est le jour du retour en France, mais l’équipement du randonneur est encore utile car une vraie étape doit encore être accomplie avant de « monter dans le bus ».

La température idéale, le temps calme, le vent inexistant, le ciel azur tout est parfait pour ce dernier départ à 7h30.

Au col de Gardenacia

Nous entreprenons aussitôt la montée régulière (+500m) jusqu’au col de Gardenacia à 2543m. Arrivés là, il en est fini de grimper et nous apprécions pleinement ce moment que nous choisissons pour prendre notre photo du groupe. Nous tardons un peu à quitter cet endroit magnifique de haute montagne mais les impératifs horaires de notre dernière journée nous y obligent.

Après une traversée vallonnée vers le refuge Puez où paissent de nombreux moutons, nous abordons la descente (-1000m) dans  la vallée et l’approche de la magnifique ville de Selva Val Gardena.  

Il nous reste à trouver un moyen de nous faire transporter près de nos deux mini-bus garés à une quinzaine de kms de là. Nous approchons d’un arrêt de bus, un bus s’arrête  …

  • Pour Runggaditsch , St Ulrich ? demande Liliane à la conductrice.

Elle s’empresse de lui dire de faire monter le groupe et une vingtaine de minutes plus tard, nous retrouvons nos deux mini-bus. Comme à l’aller, pas d’attente, un timing parfait.

Vers 16h, nous partons pour Cruseilles, avec des pauses pour les changements de chauffeur,  pour remplir le réservoir de carburant, pour prendre ensemble à Novare notre dernier repas.

Une attente négligeable au Tunnel du Mont-Blanc et chacun retrouve son domicile vers 1h du matin.

Patrick Locatelli