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Séjour en Dévoluy

Le Dévoluy

(du samedi 30 août au vendredi 5 septembre 2025)

Nous sommes partis 23 à bord de trois véhicules en direction de Saint-Etienne en Dévoluy, un petit village de 800 habitants, situé à 1265 m d’altitude à une vingtaine de kilomètres de Corps dans le département des Hautes-Alpes. C’était le lieu choisi cette année pour notre séjour habituel d’une semaine, avec les participants suivants :

Marc et Thérésa, Serge et Liliane, Jean-Claude et Geneviève, Claude et Marie-Louise, Patrick et Marie-Françoise, Serge et Agnès, Michel et Nadine, Michel, Isabelle, Monique Berger, Monique Bouchet, Françoise Mossu, Françoise Roux, Michèle, Nicole, Ivan.

Le massif du Dévoluy offre un choix très complet d’itinéraires pour des randonnées de difficultés moyennes ou plus exigeantes.

Jean-Claude avait préparé avec minutie, un programme complet, varié prenant en compte les temps de marche pour l’évolution d’un groupe conséquent, en considérant la possibilité d’adapter chaque journée aux aléas de la météo.

En plus des itinéraires de balades à étudier, un tel séjour nécessite aussi des efforts de préparation pour la gestion des différentes réservations (véhicules pour le transport, gîte, partie financière à anticiper) et pour prévoir éventuellement d’autres activités en cas de temps trop défavorable.

En effet, Jean-Claude l’avait bien constaté, en cette période de l’année, la région du Dévoluy n’offre pas de possibilité de plan B ou de curiosités à visiter.

Tous les participants sont conscients de son investissement qui a permis à chacun de bénéficier du fruit de ses recherches offrant des balades dans tous les coins et toutes les vallées de ce massif.

Samedi 30 août : (Voyage, Crête des Baumes, installation au gîte)
C’est sous la pluie que le groupe se retrouvait au départ de Cruseilles pour rejoindre le Dévoluy via Grenoble, La Mure et Corps, là où nous choisissions de prendre notre pique-nique dans un parc municipal ; l’endroit était accueillant, la pluie s’était calmée et le timing était parfait, le clocher sonnait midi.

La poursuite du voyage ne devait pas nous conduire immédiatement au gîte, car déjà une randonnée était prévue jusqu’à la Crête des Baumes nichée entre les stations de Superdévoluy et La Joue-du-Loup. Une balade facile de 4 à 5 kms pour un dénivelé de 200m, avec un magnifique point de vue sur les géants du Dévoluy, de l’Obiou au Pic de Bure notamment. Chacun a pu apprécier cette petite sortie sous un soleil revenu ; nous étions à 1720m d’altitude.Note gîte qui allait nous accueillir pour la semaine n’était pas très loin et arrivés sur place nous avons pu nous répartir dans les chambres ou mini-dortoirs avant le repas du soir, précédé pour certains par une première partie de pétanque.

Dimanche 31 août : (Col de l’Aup)
Le ciel était avantageux pour cette véritable première journée de randonnée, mais la température était fraîche, voire même froide dans le petit village de Saint-Disdier, où le soleil n’avait pas encore rayonné à l’heure de quitter nos véhicules pour partir au col de l’Aup, situé à 1680m d’altitude.

Quelques-uns d’entre nous préféraient une randonnée moins longue et moins exigeante pour cette journée en partant d’un parking plus haut atteint avec l’un des véhicules. Mais le but était bien de tous se retrouver pour partager ensemble le pique-nique au sommet du col avec une vue splendide sur les eaux turquoise du lac du barrage du Sautet.

Le premier groupe arrivait en avance, c’était prévisible, mais le panorama magnifique et la température devenue douce rendaient l’attente moins longue.

Car le deuxième groupe parti du bas, débutait par un sentier en forêt le long du cours de la Souloise, qui traverse le pont de la Cerise et remonte jusqu’à l’entrée des Gorges au Puits des Bans. Là, la progression se trouvait ralentie par le franchissement de quelques passages difficiles, parfois vertigineux, équipés d’échelles et de chaînes ancrées aux rochers. Après cet endroit escarpé, le chemin devenait plus aisé jusqu’à atteindre un environnement plus verdoyant conduisant au col.

Les premiers avaient certes déjà pris le dessert lors de l’arrivée des suivants, mais la pause en commun était appréciée après une montée de 850m de dénivelé.

Le retour n’empruntait pas le même itinéraire, évitant donc à la descente le délicat passage du Puits des Bans ; le jeu de quelques marmottes peu farouches sur un rocher avait nécessité une petite pause photos et offert un moment distrayant, de même qu’une halte auprès de la Mère Eglise surplombant le village de Saint-Disdier et jouxtant un petit cimetière où repose l’alpiniste français René Desmaison.

Après une boucle d’environ 18 kms cette première grosse journée s’achevait sous un ciel toujours beau présageant à peine un lendemain moins radieux.

Lundi 1er septembre : (Les Gorges du Rif, jeux, belote, pétanque)

Le mauvais temps annoncé qui avait reporté notre montée au Pic de Bure initialement prévue ce jour, était bien là et le village était bien arrosé depuis la nuit. Mais la pluie du matin n’arrête pas … les pèlerines et chacun avait bien pris la sienne ; la presque totalité du groupe partait pour une balade judicieusement choisie, vers le hameau de Truziaud puis sur le plateau de la Grésière en direction des gorges du Rif, provoquées par une longue érosion.

Chacun était méconnaissable sous sa cape ou ses vêtements de pluie, mais le paysage était agréable, typique et le temps maussade était malgré tout acceptable en cette matinée humide qui a permis une sortie de 8 kms pour 300m de dénivelé.

L’arrivée au gîte était ponctuelle, à midi juste, et le pique-nique était pris à l’abri, pendant que le ciel se vidait de toute son eau.

L’après-midi offrait alors des moments plus reposants de lecture, jeux et inévitables parties de belote … voire même de pétanque lorsque le ciel s’ouvrait.

C’était la journée la plus indécise, elle a finalement été bien négociée.


Mardi 2 septembre : (Sanctuaire de Notre-Dame de la Salette)
A une quarantaine de kilomètres de notre gîte, se situe le Sanctuaire de Notre-Dame de la Salette et une visite s’imposait en ce haut lieu d’apparition de la Vierge Marie en 1846.

Ce grand centre de pèlerinage, à 1769m d’altitude est situé dans un paysage grandiose offrant la possibilité d’effectuer de belles randonnées.

Notre programme devait ainsi nous y conduire mais pas directement.

Isabelle avait suggéré de faire une halte au cœur de la forêt de Pellafol auprès de la source des Gillardes, qui est la deuxième exsurgence de France (après la Fontaine de de Vaucluse). On y a pu voir jaillir de la roche, des eaux limpides et claires, qui constituent la source de la Souloise, laquelle se jette dans le lac du Sautet.

Après cette visite géologique, nous pouvions poursuivre notre route en direction de la Salette mais un arrêt s’imposait aussi au Cimetière-Mémorial de La Salette-Fallavaux où sont enterrés les pèlerins canadiens, victimes en 1950 d’un accident d’avion qui a percuté le sommet de la Tête de l’Obiou lors du retour d’un pèlerinage à Rome, une tragédie qui a coûté la vie aux 58 personnes à bord.

Désormais, nous pouvions continuer jusqu’au lieu spirituel en empruntant la route pentue et ses nombreux virages ; hélas la beauté de ce site était occultée par un brouillard qui tardait à se dissiper, lors de notre arrivée.

Après le repas pris dans la salle à manger avec un service de qualité, nous pouvions goûter à une balade plaisante sur les flancs dénudés du Gargas. La température restait fraîche à cette altitude mais le soleil peu à peu se montrait et la beauté de ce site allait enfin s’ouvrir devant nos yeux.

Le retour avec un arrêt au belvédère du Sautet permettait de découvrir le barrage hydroélectrique situé sur le cours du Drac, et qui constitue la retenue du lac du Sautet ; en aval une via-ferrata assez saisissante y est aménagée.

Mercredi 3 septembre : (Plateau et Pic de Bure)

Il était dit que cette journée annoncée très belle était propice à ce que le groupe jette son dévolu sur le Pic de Bure. On ne pouvait pas quitter ces montagnes sans avoir atteint le plateau où sont installées les énormes antennes de l’interféromètre de l’IRAM.

La difficulté du parcours dans un milieu très minéral, très pierreux, très pentu faisait hésiter quelques-uns qui trouvaient cependant un autre bel itinéraire moins élevé pour une balade moins exigeante.

Car l’ascension sans fin jusqu’au plateau dans un environnement devenant toujours plus lunaire nous élevait de 1000 mètres ; heureusement le temps était excellent, sans vent et la température fraîche lors de la montée était une agréable compagne.

Arrivés près des impressionnants télescopes pointés vers des sources célestes pour en recevoir divers signaux, nous ressentions le bonheur d’une pause méritée. Certains préféraient en rester là pour prendre le pique-nique.

Treize autres choisissaient de poursuivre leurs efforts avant le repas pour ajouter encore 270m de dénivelé et une distance de cinq kilomètres, jusqu’au Pic de Bure où s’ouvre un panorama unique sur les Hautes-Alpes, les sommets du Dévoluy et du Massif des Ecrins.

La descente par le même itinéraire, caillouteux dans la partie haute, nécessitait de la prudence et semblait interminable aussi, jusqu’à retrouver le restant du groupe et dévier la suite du parcours vers un cadre plus verdoyant s’achevant en forêt.

L’approche vers les véhicules laissés le matin était une satisfaction pour tous, renforcée encore en levant les yeux vers le sommet que nous avions atteint, là où arrive le téléphérique utilisé par les employés du site de l’observatoire.

C’était alors le retour vers notre gîte avec une courte halte auprès de la stèle érigée en mémoire des vingt victimes de la chute d’une cabine du téléphérique en 1999.

Jeudi 4 septembre : (Col de Festre et Col des Aiguilles)

Le col des Aiguilles était la destination de cette nouvelle journée.

Partis du col du Festre, nous empruntions un parcours très agréable qui allait être très différent des pierriers pentus de la veille. Après un début tout de même caillouteux également, nous évoluions assez vite dans des pâturages verdoyants et un environnement magnifique en longeant un cours d’eau qui sinuait proche de nous, et que nous devions parfois traverser mais finir par abandonner quand notre chemin s’élevait par une pente régulière, jusqu’au col à 2003m d’altitude.

Au sommet, un vent froid et violent nous accueillait et il n’était pas envisageable d’y rester pour notre repas. Chacun s’est aussitôt couvert avec les vêtements qu’il avait emportés et le retour vers un endroit mieux protégé était apprécié pour la pause de midi, pendant laquelle nous pouvions apprécier les belles ondulations dessinées au loin par le déplacement d’un énorme troupeau de moutons.

Arrivés aux trois quarts de la descente, certains préféraient rejoindre directement le point de départ, tandis que d’autres choisissaient d’effectuer une boucle supplémentaire de quatre kms par la cabane de la Rama et tous se retrouvaient pour aller prendre une boisson dans un bistrot du village de sports d’hiver « La Joue du Loup ».

Vendredi 5 septembre : (Col de Rabou, retour à Cruseilles)

C’est le jour du retour vers Cruseilles.

Mais le programme concocté par Jean-Claude devait encore nous conduire au col de Rabou à 1888m d’altitude, en partant d’un parking situé au-dessus du départ du téléphérique du Plateau de Bure. La montée était régulière à travers de magnifiques forêts de sapins et mélèzes notamment, puis dans des alpages où montait un important troupeau de moutons surveillé par un berger qui préférait sans doute parler à ses bêtes plutôt qu’à des randonneurs.

Arrivés au sommet du col, les coupe-vents étaient de rigueur tant il soufflait un vent froid, une situation semblable à celle de la veille au col des Aiguilles.

Le dernier pique-nique pris en commun ne pouvait avoir lieu qu’un peu plus bas où le groupe a remercié Jean-Claude pour son investissement et sa remarquable organisation durant toute la semaine.

La descente s’effectuait par le même itinéraire, puis les trois véhicules prenaient la direction de Cruseilles.

Patrick Locatelli